1945

L'hôpital Knickerbocker traite les alcooliques
L'hôpital Knickerbocker de New York tente une expérience et admet les patients alcooliques en traitement. Le département AA est dirigé par notre premier ami médecin, le Dr William Silkworth
Se joignent au mouvement…
Après la Deuxième Guerre mondiale, des groupes AA commencent à surgir dans d'autres pays, alors que la nouvelle de la jeune organisation se répand dans les pays de l'Amérique latine, de l'Europe et de la ceinture pacifique. Le premier congrès international de l'association et la Conférence des Services généraux verront le jour au cours de la décennie suivante.
Le dixième anniversaire des AA
Plus de 2 500 membres et amis, venus de 36 États et deux provinces canadiennes, se réunissent à Cleveland afin d'honorer Bill W. et Dr Bob et aussi pour célébrer le dixième anniversaire des Alcooliques anonymes. Parrainé par les 44 groupes de la ville, l'événement de deux jours comprend des réunions portes ouvertes, des réceptions, un thé, une assemblée au Severance Hall (à droite) et un dîner de clôture à l'hôtel Carter. Selon le Grapevine, les discours de Bill et Dr Bob retracent avec « gratitude, humilité et simplicité » le développement du mouvement.
La portée d'un article de magazine
« Peut-être puis-je y arriver aussi », tel est le titre d'un article sur Edward G., un membre AA, qui paraît dans le numéro d'octobre 1944 du Reader’s Digest et qui sera traduit dans plusieurs éditions internationales du magazine pendant quatre ans. Des alcooliques du monde entier écriront à la Fondation alcoolique pour en apprendre davantage sur le mouvement.
Premières réunions en Australie
Dans une lettre à Archie McKinnon, un infirmier en psychiatrie désireux d'aider les alcooliques de Sydney, Bobbie B., de la Fondation alcoolique, fournit le nom de deux hommes partageant le même but : le Dr Sylvester Minogue et le père Tom Dunlea, fondateur de Boystown en Australie. Ensemble, ils fondent le premier groupe AA du pays. Rex A. sera le premier membre à devenir sobre et le demeurer.
Des groupes afro-américains
Au début de 1945, cinq Afro-Américains de Saint-Louis forment un groupe qui se développe rapidement. À Washington, Jim S., parrainé par un membre nommé Charlie, entreprend de tenir des réunions dans un local loué au YMCA. Par la suite, Jim aidera à lancer le premier groupe de Harlem. En 1950, des groupes afro-américains auront été créés à Détroit, Chicago, Philadelphie, Los Angeles, Cleveland et ailleurs. Dans un pays de grande diversité, le mouvement accueillera tous les alcooliques qui veulent cesser de boire.
Un avant-poste dans l'Atlantique
Prenant conseil à la Fondation alcoolique, Steve V., membre AA autrefois de Trenton, au New Jersey, forme un groupe à Saint-Georges, aux Bermudes. Le groupe passe de deux à six membres en un mois, puis croît rapidement. L'année suivante, le Hamilton Mid-Ocean News publiera 12 articles sur les Alcooliques anonymes.
Sur une note plus légère
Les articles et lettres du Grapevine sont parfois agrémentés de bandes dessinées reliées à l'alcool, comme « Down Alibi Alley » (à droite), d'un membre AA. On trouve aussi, dans les premières éditions, «Barley CORN !!», une rubrique humoristique.
Des avances d'Hollywood
Dans la foulée du film 'The Lost Weekend', qui raconte la déchéance d'un alcoolique et remporte un Oscar en 1945, trois studios d'Hollywood offrent jusqu'à 100 000 $ au mouvement pour les droits de l'histoire de l'association. La Fondation alcoolique, craignant les atteintes à la vie privée, rejette ces offres au nom des membres A.A.

1946

L'Irlande adopte le programme
Connor F., membre AA de Philadelphie et ancien propriétaire de taverne, fait un voyage en Irlande qui mène à la formation du premier groupe irlandais. Avec sa femme, il se rend dans un sanatorium de Dublin, où il rencontre Richard P., originaire de Belfast. Richard lit le Gros Livre remis par Connor, puis écrit à un certain nombre de contacts qui ont entendu parler des AA par le biais du père Tom Dunlea. (Celui-ci, l'un des fondateurs du premier groupe australien, a aussi transmis le message lors d'un séjour en Irlande.) Le premier groupe AA d'Irlande se réunit bientôt au Country Shop du St. Stephen's Green à Dublin.
Les Douze Traditions
Une à une, les Douze Traditions des AA élaborées par Bill W. sont publiées pour la première fois. Elles sont diffusées dans le Grapevine, devenu une plaquette compacte.
Les AA dans la presse
La croissance rapide des AA entraîne une couverture accrue dans la presse. L'article du Kings Feature Syndicate, à droite, paraît dans les journaux de tout le pays au printemps 1946. Il porte sur les femmes alcooliques qui sont de plus en plus nombreuses à se joindre aux AA
Premières réunions connues au Mexique
Les Américains Lester F. et Pauline D. créent un groupe pour la communauté anglophone de Mexico, pendant qu'un Mexicain résidant à Cleveland, Ricardo P., traduit en espagnol des portions du Gros Livre. L'importation de publications en espagnol sur l'alcoolisme et la création de groupes hispanophones sont approuvées par le Conseil mexicain d'information publique, à la fin de l'été.
Incursions en Afrique
En 1946, le mouvement AA voit le jour en Afrique en trois lieux différents. Les fondateurs ne se connaissent pas sont : Arthur S., qui découvre le mouvement par le Reader’s Digest, contacte la Fondation alcoolique et forme un groupe à Johannesburg ; Pat O'F., de Capetown, a aussi consulté la Fondation alcoolique ; et Val D., qui devient abstinent après avoir lu le Big Book que lui a remis un prêtre, fonde bientôt un groupe dans la ville de Springs.
Déclaration des administrateurs sur les campagnes de financement
Pour freiner les œuvres caritatives qui veulent profiter de l'ascendant des AA, la Fondation alcoolique émet une déclaration visant les organisations qui laissent entendre publiquement qu'elles sont parrainées par le mouvement. La déclaration dit, entre autres: « Non seulement les Alcooliques anonymes n'appuient pas cette sollicitation de fonds, mais ils désapprouvent l'usage non autorisé de leur nom pour toute collecte de fonds. »
Le premier groupe de Nouvelle-Zélande
Ian McE., résidant de Richmond dans l'Île du Sud, se rend lui-même à un hôpital psychiatrique dans l'espoir de dessoûler. Là, il met la main sur l'article du Reader’s Digest « Peut-être puis-je y arriver aussi », se reconnaît dans le sujet et écrit à Bobbie B., à la Fondation alcoolique. C'est le début d'une longue correspondance (et relation de parrainage) avec Bobbie qui mènera à la formation du premier groupe de Nouvelle-Zélande.

1947

Premiers balbutiements en Angleterre
Le premier groupe officiel des AA en Angleterre ne naîtra qu'en 1948, mais les choses commencent à bouger lorsqu'une Américaine en visite contacte cinq Londoniens qui ont écrit à la Fondation. Une rencontre est prévue à l'hôtel Dorchester (ci-contre) le 31 mars 1947. Parmi les huit participants figurent deux membres d'Amérique du Nord : une Californienne d'Hollywood dont Grace a fait la connaissance lors d'un voyage outre-Atlantique, et « Canadian Bob », qu'elle a connu dans un restaurant de Londres et qui jouera un rôle majeur dans la croissance des AA. Les réunions se poursuivront dans des restaurants et des résidences, dont celle de Canadian Bob.
Des militaires fondent des groupes dans le Pacifique
Dans le sillage de la Deuxième Guerre mondiale, des militaires américains des bases du Pacifique lancent, avec l'aide de la Fondation alcoolique, des groupes AA. À l'été 1947, à Guam, un groupe passe de quatre à 24 membres en un mois. À l'automne de la même année naît le groupe Pioneer à Okinawa.
Mission en Norvège
Immigrant norvégien propriétaire d'un café dans le Connecticut, George F. écrit chez lui en Norvège pour annoncer qu'il est devenu sobre grâce aux AA. Apprenant que son frère, typographe dans un journal d'Oslo, est un alcoolique au bord de la ruine, George et sa femme vendent tout et rentrent en Norvège. Ne montrant d'abord aucun intérêt pour les Douze Étapes, le frère de George finit par prendre le message à cœur et devient sobre presque aussitôt. Il met des annonces dans son journal et finit par former un groupe de membres des AA - le premier groupe de Norvège.
Les AA s'autofinancent
Bill W. rapporte que les revenus de la vente du Big Book et des contributions des groupes ont permis à la Fondation alcoolique de 's'autofinancer'. L'idée des contributions est née quand on a estimé que si chaque groupe envoyait l'équivalent de 1 $ par année par membre, cela suffirait à défrayer toutes les dépenses de la Fondation. Ces contributions étaient totalement volontaires, et chaque groupe recevait les mêmes services, peu importe sa contribution, ce qui est toujours vrai aujourd'hui.
Le préambule des A.A.
Dans le numéro de juin 1947 de la revue A.A. Grapevine paraît pour la première fois une déclaration qui définit l'association et sa mission. Cette déclaration, connue sous l'appellation de 'Préambule des A.A.',est rapidement adoptée par les groupes des A.A. et elle est régulièrement incluse dans les publications des A.A.
Expansion au Canada
Fin 1947, des groupes des Alcooliques anonymes apparaissent dans les provinces maritimes de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve. Des groupes ayant déjà été formés en Ontario (1943), au Québec (1944), en Alberta et au Manitoba (1945), en Colombie-Britannique (1946) et en Saskatchewan (1947), les AA s'étendent maintenant d'un bout à l'autre du pays. À droite, un local de réunion à Cheticamp, Nouvelle-Écosse.
Des débuts agités au Brésil
Après deux ans de correspondance sporadique entre la Fondation alcoolique et quelques résidants américains du Brésil, Herb D. devient contact officiel des AA. En septembre 1947, il demande et reçoit un lot de brochures et le nom d'un autre membre vivant à Rio de Janeiro. Les deux hommes se mettent à la recherche de candidats et commencent à former le premier groupe des AA du Brésil.

1948

Une « filiale » suédoise
Frank B., un Américain d'origine suédoise devenu sobre à Newark au New Jersey, déménage en Suède et informe le groupe de Newark qu'il s'est joint à un groupe AA à Borås… à la grande surprise de la Fondation alcoolique. Le groupe est en fait affilié à la société Links. (Fondée par un membre du Conseil antialcoolique de Stockholm, la Links Society est vaguement basée sur les concepts AA, avec lesquels s'est familiarisé ce responsable lors d'un voyage aux États-Unis en 1939.) Il s'ensuit un échange de lettres entre la Fondation et le groupe Links de Borås, qui sera finalement répertorié auprès des Alcooliques anonymes en février 1948. Dans les années suivantes, d'autres groupes suédois passeront de la Links aux AA, et le BSG suédois publiera les Douze Étapes sous forme de plaquette (droit).
Le message en Finlande
Quelques alcooliques se réunissent chaque semaine chez un couple à l'emploi du Bureau d'assistance sociale d'Helsinki. Avec « maman et papa », leurs chefs, ils entendent parler des Alcooliques anonymes quand l'article « Peut-être puis-je y arriver aussi » paraît dans l'édition finnoise du Reader’s Digest. Le groupe adhère tant aux principes AA qu'à ceux de la société Links de Suède. Plus tard, les groupes finlandais se joindront au mouvement AA.
Les débuts en Corée
Début 1948, le père Mosley reçoit des publications AA de New York et démarre un groupe à Séoul. Deux autres groupes se réunissent sporadiquement pendant trois ans, mais ce n'est qu'en 1952 que sera fondé le premier groupe répertorié à la Fondation alcoolique, le groupe Yong Dong Po, du nom de la ville où a lieu la première réunion.
Akron souligne son treizième anniversaire
Quelque 4 000 membres de l'Ohio se réunissent à Akron pour célébrer un autre événement, le treizième anniversaire des AA. La rencontre, à laquelle assistent Bill W. et le Dr Bob, s'ouvre sur une prière du révérend Walter F. Tunks, le pasteur qui a recommandé Bill à Henrietta Seiberling en 1935.
Boom AA d'après-guerre au Japon
Après la parution d'un article sur les AA dans le Pacific Stars and Stripes, la Fondation alcoolique est inondée de lettres de militaires américains basés au Japon. Les noms sont envoyés à Harry G., qui rédige à Tokyo un livre sur les procès pour crimes de guerre de 1945 à 1948. (En décembre 1947, Harry a avisé la Fondation que le Japon est un terrain propice aux AA.) Avec un membre de l'Indiana, il forme un groupe anglophone, d'où naîtront éventuellement des groupes japonais dans tout le pays.
La maladie du Dr Bob
À l'été 1948, le Dr Bob apprend qu'il a un cancer en phase terminale. Il ferme son cabinet et se retire de la pratique médicale. En décembre 1948, Dr Bob prononcera sa dernière allocution d'importance devant des membres des A.A. à Détroit, Michigan.

1949

Le messager écossais
En 1948, sir Philip D., gentleman-farmer écossais qui se bat depuis longtemps avec l'alcoolisme, se rend aux États-Unis à l'invitation du Groupe d'Oxford, où un membre AA, George R., lui présente les principes du mouvement. Sir Philip retourne en Écosse déterminé à cesser de boire et à transmettre le message AA. Il devient abstinent, et les premiers groupes connus d'Écosse sont fondés en mai 1949 à Édimbourg et à Glasgow, où les réunions se tiennent à l'hôtel St. Enoch (à droite).
Bill W. s'adresse à l'American Psychiatric Association
Le Dr Kirby Collier, de Rochester (New York), l'un des premiers admirateurs du mouvement dans la profession psychiatrique, invite Bill W. à participer à un symposium sur l'alcoolisme l'assemblée annuelle de "l'American Psychiatric Association" à Montréal en mai 1949. Le discours de Bill, intitulé "The Society of Alcoholics Anonymous" marque l'acceptation du mouvement par une autre grande organisation médicale américaine.
Croissance rapide en Hollande
En janvier 1949, Henk Krauweel, du Bureau médical sur l'alcool à Amsterdam, informe la Fondation que lui et deux de ses patients, John V. et Carel A., veulent organiser une rencontre AA à la mi-février. Leur initiative est couronnée de succès. Pendant les deux prochaines années, des groupes seront fondés à Rotterdam, Haarlem, La Haye et dans d'autres villes néerlandaises.

1950

Le premier congrès international des AA
En juillet 1950, quelque 3 000 participants soulignent le 15e anniversaire des Alcooliques anonymes lors d'un congrès international à Cleveland, au Cleveland Public Auditorium (à droite), où l'un des événements les plus significatifs est l'adoption des Douze Traditions. Le Dr Bob s'adresse aussi pour la dernière fois en public au mouvement et, dans son court message, il insiste sur la bonté et l'importance de 'garder ça simple'.
Au Danemark, de la Ring i Ring aux AA
En 1948, un groupe membre d'une société nationale de tempérance, la Ring i Ring, a été créé par le Dr Martensen, un médecin qui traitait des patients alcooliques. Il se reunissant dans un restaurant (à droite) dans le zoo de Copenhague. Durant l'été 1949, un membre des AA, Gordon McD., et sa femme ont visité Ring i Ring dans une salle de réunion à Lyngby, une petite banlieu de Copenhague. En janvier 1950, le groupe a changé son nom pour "Ring i Ring Danish A.A." et s'est inscrit auprès de la Fondation alcoolique. Quelques années plus tard, certains membres de Ring i Ring se sont dissociés et ont tenu des réunions fermées fondées sur les Douze Étapes et autres principes des AA.
Le premier groupe du Pérou
Après avoir lu dans le magazine Look, qu'il existe un traitement pour l'alcoolisme aigu, Percy N., un Américain de Lima, écrit à la Fondation alcoolique pour connaître ses vues sur le sujet. Pour réponse, la Fondation lui envoie trois brochures AA. À son tour, Percy dit vouloir devenir membre et fonder un groupe, ce qu'il fait en novembre 1950.
La mort du Dr Bob
Le Dr Bob meurt du cancer le 16 novembre 1950. Pendant les 15 ans d'abstinence du médecin d'Akron, l'association qu'il a fondée avec Bill W. a transformé la vie de près de 100 000 hommes et femmes et de leurs proches.

1951

La première Conférence des Services généraux des AA
La première Conférence des Services généraux, orchestrée par Bernard Smith, président de la Fondation, a lieu en avril 1951 à l'hôtel Commodore, à New York. Bill W. en décrira ainsi l'importance pour les AA : « Les délégués… ont entendu les rapports du Conseil d'administration et de tous les services. Il y a eu de vives mais cordiales discussions sur plusieurs questions de politique AA… [Il a été démontré] comme jamais auparavant que la Deuxième Tradition était juste : notre conscience collective pouvait sans risque agir comme seule autorité et guide sûr des Alcooliques anonymes. »
Un prix prestigieux
En octobre 1951, à San Francisco, l'American Public Health Association remet aux Alcooliques anonymes le prix Lasker, « en reconnaissance de son approche unique et fructueuse d'un problème social et de santé publique séculaire ». Ce prix est rendu possible grâce aux dons de Mary et Albert Lasker, des philanthropes de New York. Une cérémonie où prennent la parole Bill W. et le président du Conseil, Bernard Smith, attire quelque 3 000 membres A.A, proches, médecins, spécialistes de la santé publique et ecclésiastiques. La photographie de presse ci-contre montre Bernard Smith en haut à gauche.

1952

L'arrivée d'Al-Anon
Depuis les tout débuts du Mouvement, les proches des membres AA se sont réunis pour partager leur vécu dans le cadre de groupes familiaux peu structurés. Bill W. presse sa femme Lois de créer une association distincte afin d'officialiser ces rencontres. Avec l'aide d'Anne B., qui a mis sur pied un groupe familial dans le comté de Westchester (New York), Lois écrit à 87 de ces groupes les invitant à s'unir sous le nom d'Al-Anon. La réponse est positive et les Groupes familiaux Al-Anon sont nés. En janvier 1952, Lois et Anne déplacent le bureau de la jeune organisation de Stepping Stones au club de la 24e Rue à Manhattan.
Les Caraïbes via le Canada
Même s'il y a eu des demandes en provenance des Bahamas dès 1944, un membre AA originaire de Toronto qui vit à Nassau, Burton L., crée en 1952 le premier groupe stable des Bahamas - quatre membres qui se réunissent le dimanche après-midi. Ce groupe, l'un des premiers des Caraïbes, fait une contribution de 6 $ en s'inscrivant à la Fondation alcoolique.

1953

Des débuts d'après-guerre en Allemagne
Une poignée de militaires, tous des alcooliques en rétablissement stationnés à la première base américaine à Munich après la fin de la Deuxième Guerre, prennent sur eux de former le premier groupe connu des AA en Allemagne. Ils placent des affiches pour annoncer une réunion qui doit avoir lieu à l'hôtel Leopold (ci-contre) le 1er novembre 1953. Parmi les 25 participants se trouvent Max, Kurt et Heindrich, qui se joindront aux Américains dans ce qui sera appelé le « groupe mère » d'Allemagne.
Les Douze Étapes et les Douze Traditions publiées pour la première fois en 1953
Bill W. se consacre davantage aux projets d'écriture, dont l'un sera Les Douze Étapes et les Douze Traditions, le livre qui expose sa compréhension profonde des principes fondamentaux du mouvement.
Le premier groupe du Nicaragua
À l'automne 1953, le Grupo de AA La Merced est fondé à León par Jack M., qui s'est installé au Nicaragua en 1950 et a adhéré aux AA lors d'un bref séjour aux États-Unis. Des groupes commenceront à se réunir dans la capitale Managua et autres grands centres nicaraguayens, dix ans plus tard, avec l'aide de la Fondation alcoolique.
Le Big Book en Belgique
En octobre 1953, lors d'une réunion d'alcooliques anglophones et belges à Bruxelles, Jean L. présente le Big Book et les principes des Alcooliques anonymes. En quelques mois, des groupes commencent à se réunir non seulement dans la capitale belge, mais dans d'autres villes de Flandre et de Wallonie.

1954

Bill W. refuse des diplômes honorifiques
Au vu du succès des Alcooliques anonymes, plusieurs collèges et universités offrent à Bill W. des diplômes honorifiques. Bill décline et explique pourquoi dans cet extrait d'une lettre à l'université Yale qui lui proposait un doctorat honorifique en droit: « La tradition des Alcooliques anonymes… presse chaque membre d'éviter ce type particulier de publicité ou de distinction personnelle qui pourrait lier son nom à notre société dans l'esprit du public. » Il rappelle alors la nécessité, dans le mouvement, de rester anonyme, selon la Douzième Tradition.
La Fondation alcoolique devient le Conseil des Services généraux
Le changement de nom de Fondation alcoolique à Conseil des Services généraux des Alcooliques anonymes a d'abord été proposé à la première Conférence des Services généraux, au printemps 1951, mais devient officiel en 1954. On veut par là envoyer le signal que les membres assument leurs propres responsabilités.
Le nombre de membres dépasse 100 000
Après deux décennies, quelque 130 000 membres AA se réunissent dans environ 6 000 groupes sur les cinq continents.