1935

Se joignent au mouvement...
Un alcoolique de New York a une vision de la manière de devenir sobre et fait la connaissance d'un médecin d'Akron qui pense comme lui. Leur première rencontre mènera à la création du programme de rétablissement en Douze Étapes et à la rédaction d'un livre qui transformera la vie de millions de personnes.
Bill et Lois au Groupe Oxford
Après le réveil spirituel de Bill W. à l'hôpital Towns (fin 1934), lui et sa femme Lois entrent au Groupe Oxford, mouvement non confessionnel basé sur les « quatre absolus » - honnêteté, pureté, générosité et amour - et assistent aux réunions de la Calvary House, près de l'Église épiscopale Calvary de Manhattan. Bill est inspiré par le charismatique pasteur Samuel Shoemaker (à droite), qui privilégie l'échange et l'entraide.
Un voyage d'affaires à Akron
Un travail à court terme conduit Bill à Akron, en Ohio. Dans le hall de l'hôtel, il doit lutter contre l'envie de prendre part à l'atmosphère de convivialité du bar. Il consulte un annuaire paroissial affiché au mur à la recherche de quelqu'un qui pourrait lui présenter un alcoolique avec qui parler. Un appel téléphonique au pasteur épiscopalien Walter Tunks le met en contact avec Henrietta Seiberling, adhérente dévouée du Groupe d'Oxford qui tente depuis deux ans de rendre sobre un autre membre du groupe, éminent chirurgien d'Akron.
Un groupe dans le groupe
On demande à Bill de parler à une grande réunion du Groupe d'Oxford à la Calvary House. Bill traite d'alcoolisme. Après la réunion, un homme l'aborde et dit qu'il cherche désespérément à devenir abstinent. Bill l’invite à se joindre à lui et à un petit groupe d’alcooliques qui se réunit tout près, à la cafétéria Stewart, après les réunions. Bill échoue dans ses efforts pour rejoindre ces alcooliques. Avec le temps, il éprouve plus de succès à aider les alcooliques, après avoir suivi les conseils du Dr William Silkworth de l’hôpital Towns. Le Dr Silkworth lui suggère de faire moins de sermons et de parler davantage de l’alcoolisme en tant que maladie.
Rencontre à la maison du gardien
Henrietta Seiberling, bru du fondateur de la compagnie Goodyear, invite Bill au domaineSeiberling, où elle habite la maison du gardien (droit). Elle lui raconte le combat du Dr Robert S. Les deux hommes se rencontrent le lendemain, jour de la Fête des Mères, le 12 mai 1935. Dans l'intimité de la bibliothèque, Bill raconte son histoire, ce qui incite le « Dr Bob » à se confier aussi. À la fin de l'entretien, plusieurs heures plus tard, le Dr Bob comprend à quel point l'aide spirituelle peut être le fruit de l'échange entre deux alcooliques.
Nouvelles amitiés à Akron
Bill accompagne les Smith aux réunions hebdomadaires du Groupe Oxford chez T. Henry Williams et sa femme Clarace, tous deux particulièrement sensibles à la situation difficile des alcooliques. Peu après, à la suggestion d'Anne, la femme du Dr Bob, Bill s'installe dans leur demeure, 855 avenue Ardmore (à droite).
Des hommes en mission
Dr Bob fait une rechute et se rétablit rapidement. Cette journée bien connue comme celle où Dr Bob a pris son dernier verre, le 10 juin 1935, est reconnue comme la date de fondation des Alcooliques anonymes. Dr Bob et Bill passent des heures à mettre au point la meilleure façon d'aborder les alcooliques, reconnus pour être réfractaires aux directives. Conscients qu'il semble plus facile de rester sobre un jour à la fois que d'envisager une vie entière de lutte, ils découvrent le concept du vingt-quatre heures.
Bill rentre à New York
Bill rentre à New York afin de se trouver un emploi, mais son besoin d'aider d'autres alcooliques le presse tout autant. Il cherche des candidats à l'hôpital Towns, où il rencontre Hank P., homme d'affaires ambitieux, qui sera son premier succès dans cet hôpital. Puis vient Fitz M., originaire du sud et fils de pasteur. Les deux deviennent amis et complices de Bill.
« L'homme sur le lit »
Impatients de transmettre le message, Bill et le Dr Bob cherchent de l'aide. Après un lent départ, ils font appel à l'Hôpital d'Akron, où ils trouvent un candidat, Bill D. Cet avocat prend à cœur le message que lui livrent Bill et le Dr Bob et promet de ne plus jamais boire… une promesse qu'il tiendra le reste de sa vie. Bill D., représenté par « l'homme sur le lit » (à droite, l'oeuvre d'un membre), est le troisième membre de cette association qu'on allait baptiser les Alcooliques anonymes.
Réunions hebdomadaires au 182 Clinton
Afin d'accroître les chances de rétablissement de ses candidats, Bill les accueille chez lui au 182 Clinton, à Brooklyn. Ces réunions du mardi soir deviennent vite l'occasion d'héberger temporairement certains participants, tout comme l'avaient fait Dr Bob et sa femme Anne à Akron.

1936

Une offre qui réveille la « conscience de groupe »
Charles B. Towns, propriétaire de l'hôpital Towns (ci-dessous), suggère à Bill de s'installer à l'hôpital, où il pourrait soigner les alcooliques, tenir ses réunions et participer aux bénéfices de l'établissement. Le soir même, Bill annonce la nouvelle à son groupe, qui s'objecte : toucher de l'argent pour répandre le message entamerait son intégrité. Bill verra dans cette résistance à la commercialisation le premier exemple de « la conscience de groupe », c'est-à-dire la sagesse du groupe primant sur celle des dirigeants. Ci-dessous, la fiche de la admission de Bill à Towns.

1937

Le bureau qui entrera dans l'histoire des AA
Bill a commencé à se rendre à un petit bureau situé au 17, rue William, à Newark, New Jersey (à droite), où il rejoignait Hank P. pour chercher du financement pour une nouvelle entreprise, Honor Dealers, une tentative de créer un programmme coopératif pour les détaillants d'essence du Nord du New Jersey. Ruth Hock était la jeune secrétaire du bureau.
Des projets d'avenir
Fin 1937, Bill retourne voir le Dr Bob à Akron. Faisant le point, ils constatent avec étonnement qu'au moins 40 des nombreux alcooliques qu'ils ont aidés sont abstinents depuis deux ans. Cette découverte amène des perspectives palpitantes : Bill et Bob parlent d’organiser une chaîne d’hôpitaux exclusive au traitement des alcooliques ; d’embaucher des gens rémunérés qui répandraient la nouvelle ; et de publier des écrits, surtout un livre, pour transmettre le message au loin.
Ça bouge à Akron
Les rencontres du Groupe d'Oxford pour alcooliques se poursuivent dans la vaste demeure du couple Williams (droit). Le Dr Bob se joint parfois à T. Henry pour animer la réunion. Les participants alcooliques prennent le sobriquet d' « escadron alcoolique du Groupe d'Oxford ».
Une rencontre capitale
Bill tente vainement de financer les projets élaborés avec le Dr Bob. En 1937, son beau-frère, le Dr Leonard Strong fils, parvient à organiser une rencontre avec des hommes liés aux œuvres philanthropiques de John D. Rockefeller fils (à droite). En décembre, lors d'une réunion à laquelle assistent Bill, le Dr Bob, le Dr Silkworth et quelques membres de New York et d'Akron, les bailleurs de fonds potentiels sont touchés et impressionnés par le travail de l'association. On fait cependant observer que l'argent pourrait gâcher le but poursuivi par le mouvement. Résultat : accueil enthousiaste et appui moral, mais pas de fonds.

1938

La position de Rockefeller
Frank Amos (à droite), présent à la rencontre de décembre et ami intime de John D. Rockefeller fils, accepte d'évaluer le groupe d'Akron et d'étudier la possibilité d'ouvrir un petit hôpital pour alcooliques. En février 1938, il passe plusieurs jours à Akron. Impressionné par le taux de rétablissement des membres, il propose un centre de rétablissement que dirigerait le Dr Bob, et recommande à Rockefeller un premier versement de 50 000 $, mais ce dernier croit que l'association devrait s'autofinancer. Le philanthrope verse cependant 5 000 $ pour les besoins essentiels de Bill et du Dr Bob.
La Fondation alcoolique
Frank Amos, et d'autres personnes qui avaient assisté à la rencontre de décembre, proposent de s'entretenir avec Bill, Leonard Strong et divers membres du groupe de New York sur la façon de doter le mouvement d'un cadre organisationnel. Il en naîtra la Fondation alcoolique, officiellement créée le 11 août 1938. Dr Bob en est administrateur et Bill fait partie du comité consultatif.
Les Douze Étapes
Au moment où il entreprend la rédaction du livre des AA, Bill en vient à croire qu'il devra élaborer un programme proprement dit pour guider l'alcoolique dans son rétablissement. S'inspirant des enseignements de Sam Shoemaker, du livre 'L'Expérience religieuse' de William James et de la démarche en six étapes du Groupe Oxford utilisée par Bill et Dr Bob pour transmettre le message, les Étapes augmentent à 12 et le programme en Douze Étapes des AA est né.
Le Gros Livre en chantier
Bill rédige un livre pour aider l'alcoolique qui ne peut assister aux réunions ni trouver de pairs à qui parler. Au bureau de Newark, il dicte ses notes manuscrites à Ruth Hock (ci-contre), qui les tape et les révise au fur et à mesure. Les chapitres sont polycopiés et postés à d'éventuels bailleurs de fonds, mais aussi à Eugene Exman, l'éditeur en matière de religion chez Harper & Brothers.
Works Publishing : un projet astucieux
Harper & Brothers offre de publier le Gros Livre, au grand plaisir de Bill et des administrateurs. Mais Hank P., un homme d'affaires astucieux, convainc Bill de vendre des actions de leur propre compagnie pour publier eux-mêmes l'ouvrage. Hank prépare un prospectus pour la future Works Publishing Company, avec un capital de 600 actions à 25 $ l'action (à droite).

1939

Le Gros Livre tâte le terrain
Quatre cents copies ronéotypées du manuscrit sont expédiées à des membres, des amis et autres alliés pour commentaires et évaluations. Parmi les collaborateurs les plus précieux se trouvent un médecin de Baltimore, qui suggère de faire écrire l'introduction par un médecin (ce dont s'acquittera le Dr Silkworth), et Harry Emerson Fosdick (à droite), très respecté ministre de la Riverside Church de Manhattan, qui appuie chaleureusement le livre et rédige une critique positive que l'association pourra utiliser à sa guise.
À Cleveland, un rejeton et un nouveau nom
Un résidant de Cleveland, Clarence S., qui assiste aux réunions locales du Groupe d'Oxford, annonce qu'il va, avec d'autres Clevelandais, fonder un groupe réservé aux alcooliques et à leurs familles. Comme d'autres groupes dissidents, ils adopteront aussi le nom du Gros Livre - « Alcoholics Anonymous » - dont des polycopies circulent à Akron. En mai 1939 a lieu la première réunion AA de Cleveland chez Al G. (aussi appelé Abby G.), avocat spécialisé en propriété industrielle.
Publication et déception
Avril 1939, quelque 5 000 exemplaires du Big Book, Alcoholics Anonymous, sortent de presse. Un projet d'article dans le Reader's Digest avorte, une émission radiophonique ne génère aucune commande, et les ventes sont rares. La déception présage un sombre été pour l'association de New York.
Bill et Lois perdent le 182 Clinton Street
La grande dépression s'atténue et la valeur des propriétés augmente. La compagnie qui détient l'hypothèque du 182 Clinton Street (ci-contre) vend l'édifice, et Bill et Lois doivent déménager. Ainsi commencent pour le couple deux années de résidence temporaire chez Hank P. et dans d'autres familles AA. Pendant toute cette période trouble, Bill et Lois continuent à transmettre le message du programme.
Le Dr Bob et la sœur Ignatia
Au printemps 1939, le Dr Bob propose à la sœur Ignatia Gavin (à droite), avec qui il travaille depuis 1934 à l'hôpital Saint-Thomas d'Akron, de commencer à soigner les alcooliques. Elle et le Dr Bob, au fil des ans, apporteront aide et réconfort à près de 5 000 patients hospitalisés.
Une première pour les femmes
Marty M., patiente d'un sanatorium de Greenwich, au Connecticut, lit le Gros Livre, puis assiste aux réunions au 182 Clinton Street. Elle devient la première femme à demeurer longtemps abstinente avec l'aide des Alcooliques anonymes.
Le coup de pouce de 'Liberty'
En quête de publicité pour le mouvement, Charles Towns raconte son histoire à Morris Markey, qui soumet son article, « Les alcooliques et Dieu » (un titre qui met Bill mal à l'aise), à Fulton Oursler, rédacteur en chef du magazine Liberty. Paru le 30 septembre 1939, l'article fait vendre plusieurs centaines de Gros Livres, et le bureau de Newark reçoit 800 demandes d'aide d'alcooliques et de leurs proches.
Autre rupture avec le Groupe Oxford
À l'automne 1939, la tension monte dans le Groupe Oxford d'Akron, dont les membres alcooliques veulent plus d'indépendance. Ceux-ci se réunissent chez le Dr Bob, même si Bob demeure fidèle à T. Henry et Clarace Williams. Le groupe naissant grandit et déménage bientôt à l'école King, un école élémentaire d'Akron.

1940

Le dîner Rockefeller
John D. Rockefeller fils reçoit à dîner au Union Club (à droite) pour faire connaître Alcoholics Anonymous. Comme Rockefeller croit que les AA devraient s'autofinancer et que les invités sont d'accord, aucune somme n'est demandée ni recueillie. Toutefois, Rockefeller veille à ce que l'événement reçoive une vaste publicité favorable. Au cours du mois qui suit, les membres commencent à faire des petits dons qui allègent les problèmes financiers auxquels devaient faire face les AA à leurs débuts.
Le premier club à New York
Comme la maison du 182 Clinton Street n'était plus disponible pour des réunions, les membres de New York se réunissent où ils le peuvent. Deux d'entre eux, Bert T. et Horace C., dénichent un petit édifice, 334 1⁄2 Ouest de la 24e Rue à Manhattan, et en paient le loyer. Rapidement, le club (à droite) s'anime, et plus tard cette année-là Bill et Lois, n'ayant pas d'autre endroit où loger, emménagent dans une des deux chambres à l'étage.
Le premier siège social
En mars 1940, Works Publishing quitte Newark et emménage dans un petit bureau du 30 Vesey Street (à droite) dans Lower Manhattan. Même s'il est risqué financièrement, ce déménagement signifie que pour la première fois l'association a son propre siège social.
L'anonymat mis à l'épreuve
Un receveur étoile des Indians de Cleveland que la presse juge « exubérant », car il boit beaucoup, annonce qu'il est abstinent depuis un an grâce aux Alcooliques anonymes. Son nom et son visage s'étalent dans toutes les pages sportives. Un tel manquement à l'anonymat amène Bill et les membres à se pencher sur le pour et le contre de ce principe.
Arrive le père Dowling
Un soir pluvieux d'hiver, fin 1940, un sympathique prêtre de Saint-Louis se présente au club de la 24e Rue. S'appuyant sur sa canne, le père Edward Dowling, jésuite (à droite), se présente à Bill, déclare qu'il a lu Alcoholics Anonymous, puis fait remarquer les parallèles entre les Douze Étapes et les principes de son ordre religieux. C'est le début d'un parrainage spirituel entre le père Dowling et Bill qui durera 20 ans.
Le message atteint Toronto
Le message s'étend au nord quand le pasteur George Little (à l'extrême droite), pasteur de l'Église Unie de Toronto et membre du mouvement de tempérance, entend parler du Big Book en 1940. Il en commande quelques exemplaires et en remet deux à un petit groupe d'alcooliques qui ont pris l'habitude de se réunir pour s'entraider. Menés par Tom E., ils forment le premier groupe AA du Canada et tiennent leurs réunions au-dessus de la taverne Little Denmark (à droite) en 1943.

1941

La Prière de la Sérénité
Ruth Hock reçoit une coupure de journal de la Prière de la Sérénité publiée dans le New York Herald Tribune en juin 1941. Ruth et de nombreux membres des AA de New York et d’ailleurs constatent que cette prière est particulièrement pertinente aux principes des AA. Bientôt, la prière est imprimée sur des cartes et distribuée aux membres des AA partout. Depuis, la prière est devenue un élément central des AA, on l’entend dans les réunions du monde entier. La paternité de la prière est généralement attribuée à un théologien protestant bien connu, le Dr Reinhold Neibuhr.
À la conquête de l'ouest
Au-delà de l'Ohio, des groupes commencent à se réunir dans de grandes villes comme Chicago, La Nouvelle-Orléans et Houston. Des alcooliques de Topeka, Fort Worth, Tucson, Omaha et Honolulu, et de petites villes du Midwest et de l'ouest emboîtent aussi le pas.
Le fameux article du 'Saturday Evening Post'
En lui parlant des Alcooliques anonymes, deux amis de Philadelphie piquent la curiosité du juge Curtis Bok, propriétaire et rédacteur en chef du The Saturday Evening Post. Bok demande à l'intraitable reporter Jack Alexander de raconter l'histoire de l'organisation. L'article de 7 500 mots, paru le 1er mars 1941, fait connaître les Alcooliques anonymes au public et entraîne une spectaculaire augmentation des ventes du Big Book et du nombre d'adhérents.
Le premier groupe d'intérêts particuliers
Le premier groupe connu réservé aux femmes est fondé à Cleveland en 1941, inaugurant la tradition des groupes d'intérêts. D'autres suivent bientôt l'exemple à New York, Minneapolis, Salt Lake City et San Diego. Au milieu des années 1940, la proportion de femmes dans le mouvement est d'environ une sur six. Les groupes de femmes pavent la voie à d'autres, et l'on verra apparaître des groupes pour jeunes, personnes âgées, gays et lesbiennes, médecins, avocats et autres.
Bill et Lois emménagent à Bedford Hills
Des amis du comté de Westchester, juste au nord de New York, aident Bill et Lois à trouver du financement pour enfin acquérir une maison à Bedford Hills. Le 11 avril 1941, le couple dort dans sa propre demeure. Grâce à la confortable maison en bardeaux et au toit en croupe (à droite), baptisée Stepping Stones, Bill et Lois connaîtront un peu d'intimité pour la première fois depuis la fondation du mouvement.
Bill prend la route
De quelque 2 000 membres au printemps 1941, le mouvement passe à environ 8 000 à la fin de l'année, répartis dans 200 groupes dans tout le pays. Pendant trois ans, Bill visitera ces groupes où il fera personnellement connaissance avec plusieurs membres.

1942

Les groupes des AA en prison
Clinton T. Duffy, directeur de San Quentin à San Francisco, veut réformer les prisons. Il appelle à se pencher sur les besoins des détenus qui ont commis des crimes en état d'ébriété. Duffy s'adresse aux membres AA de la Californie, et un premier groupe est créé en institution, à San Quentin. Les détenus tiennent leur première réunion en 1942.
Une lettre d'Australie
Après avoir lu un article sur les Alcooliques anonymes dans l'American Journal of Psychiatry, le Dr Sylvester Minogue (droit), directeur médical du Rydalmere Hospital de Sydney, écrit au AJP en demandant que sa lettre soit référée à la 'Alcoholic Foundation' à New York. En réponse, il recevra un exemplaire du Big Book et entretiendra une correspondance avec la secrétaire Bobbie B., du bureau de New York, préparant le terrain pour la fondation de groupes des AA en Australie.

1943

Bill voyage toujours
L'un après l'autre, les groupes surgissent et Bill continue de parcourir le pays, souvent accompagné de Lois. Dans les villes où il passe, grandes et petites, son arrivée provoque l'enthousiasme des membres, qui affluent pour l'entendre discourir et pour lui parler. L'annonce ci-contre invite les gens à venir entendre Bill lors d'une réunion publique au Connecticut.
Le deuxième groupe canadien à Windsor
Des alcooliques commencent à se réunir à Windsor, en Ontario. Le deuxième groupe canadien naît en octobre 1943.
Les AA durant la guerre
Durant la Deuxième Guerre mondiale, le mouvement fait sa part. En avril 1943, un article du Star-Telegram (à droite) de Fort Worth, au Texas, rapporte que le mouvement a réduit l'absentéisme dû à l'alcoolisme dans les industries de guerre. Selon l'article, le programme AA a aidé jusqu'à 5 000 travailleurs à reprendre le travail.

1944

Les débuts du AA Grapevine
Un bulletin de huit pages, destiné à informer les membres (dont les soldats à l'étranger), devient le magazine officiel du Mouvement. Le premier numéro paraît en juin 1944. Elle sera surnommée « la réunion des AA par ecrit ».
Box 459 est inauguré pour recevoir le courrier
« About Your Central Office », un bulletin distribué aux groupes AA par la Fondation alcoolique, annonce qu'« à partir du 1er mai 1944, notre nouvelle adresse sera : P.O. Box 459, Grand Central Station ». Box 459 deviendra à la fois l'adresse postale et l'adresse symbolique du mouvement des Alcooliques anonymes, qui compte beaucoup sur la poste à ses débuts.
Marty M. et le NCEA
Inspiré par les efforts de Marty M., le Dr E. M. Jellinek, leader américain de la recherche en alcoolisme, réunit deux autres autorités médicales pour créer le National Committee for Education on Alcohol (NCEA). Le siège social du NCEA est situé à l'Université Yale, à New Haven, CT (à droite). Au nom du NCEA, Marty entreprend une tournée nationale pour raconter son combat avec l'alcoolisme.
Début des groupes de femmes en prison
Le premier groupe connu de femmes en prison naît le 18 mars 1944 à Clinton Farms (New Jersey).
Le premier groupe francophone des AA
Dave B., ex-employé de banque et comptable de Montréal que l'alcoolisme a précipité au bas de l'échelle, devient sobre après avoir lu le Gros Livre que lui a envoyé sa sœur. Il contacte les Alcooliques anonymes à New York, commence à tenir des réunions chez lui et lance le premier groupe francophone du monde.